Marc Thouvenin est ce qu’on peut appeler un « vieux routier du Web ». Biensûr le terme n’est absolument pas péjoratif, mais Marc connaît Internet comme sa poche. Ses expériences, notamment chez Netvibes ou encore Wikio, démontrent sa connaissance et son implication dans des projets innovants.
Retour sur son nouveau « bébé », Regioneo.
1) Peux-tu nous présenter Regioneo ? Comment est né le concept du site ?
Regioneo est une place de marché de vente de
produits régionaux, directement du producteur au consommateur. Regioneo attire les consommateurs, ils viennent faire leurs achats, ils paient sur Regioneo, puis le producteur reçoit une commande qu’il expédie au client, directement depuis son exploitation. Le consommateur reçoit un colis de chacun des producteurs dont il a commandé des produits.
Le concept est né du souhait de m’approvisionner en produits que j’avais acheté directement au producteur lors de mes voyages à la campagne. La plupart des producteurs n’assurent pas aujourd’hui de vente à distance, alors que les consommateurs cherchent à acheter à nouveau des produits qu’ils ont aimé mais qui ne sont pas distribués près de chez eux.
2) Peux tu nous donner quelques chiffres (produits référencés, nombre d’artisans sur la plateforme ?), et tes objectifs pour la fin de l’année ?
Nous avons aujourd’hui plus de 40 producteurs sous contrat avec Regioneo. Cela représente près de 500 produits. L’objectif est d’arriver à 200 producteurs d’ici la fin de l’année.
Mais ce qui compte, ce n’est pas seulement la quantité de producteurs, il faut aussi satisfaire le consommateur par une qualité des produits et une logistique irréprochables.
Dans notre mission, il y a aussi la promotion des savoir-faire locaux et la mise en valeur de nos producteurs inscrits. Un de nos objectifs est également que d’ici la fin de l’année, chacun de nos producteurs ait eu son heure de gloire sur Regioneo.
3) Prévoyez-vous un développement sur les grandes plateformes de ventes comme Amazon MarketPlace, ou la Gallerie de RueDuCommerce par exemple ?
Nous sommes ouverts à toute collaboration avec les acteurs en place, notamment les marketplaces, les comparateurs ou les guides d’achat. Le modèle à la performance sera choisi chaque fois que ce sera possible. En effet, pour maximiser la marge du producteur (commerce équitable), notre marge est réduite. Nous privilégierons les canaux d’acquisition qui transforment le mieux.
4) Comment les outils « 2.0″ entrent-ils dans ta stratégie de vente en ligne (Twitter, Facebook, Blog) ?
Mes précédentes expériences dans les médias (Netvibes, Wikio) m’ont fortement encré dans une approche sociale de l’internet, où il existe une forte recommandation interpersonnelle. Aujourd’hui, Regioneo est présente et très active sur Twitter
@regioneo, sur Facebook, à travers
un groupe, une
page fan et plusieurs pages thématiques : produits régionaux, recettes régionales, etc …
Dans quelques semaines, nous aurons un réseau social qui permettra à nos clients et à nos fans de partager avec leurs amis les produits qu’ils aiment.
5) L’échec de Zlio Social Commerce ne t’inquiète pas ?
Non, pas du tout. La démarche de Regioneo est totalement opposée. Zlio a tenté de mélanger tous les types de produits et s’est focalisé sur les marchands, en laissant le soin au marchand de faire la promotion de sa boutique.
Regioneo se focalise sur des familles de produits bien déterminées, ce qui permet d’avoir une offre cohérente et pertinente : l’alimentaire, mais très bientôt les cosmétiques et l’artisanat. Enfin, Regioneo ne fait que de la vente directe (pas de marchands/revendeurs, uniquement des vrais producteurs) et assure la promotion et le marketing, notamment
notre concours 100% cochon qui cartonne (plus de 16 000 inscrits) et une soirée à venir, le 16/9 à la mairie du 7e arrondissement de Lyon, où nous allons réunir producteurs et consommateurs, pour leur permettre de gouter et d’acheter les produits bien sûr, mais surtout pour instaurer un dialogue, pour que le producteur puisse raconter son histoire à son public, comme un artiste.
6) Peut-on facilement entreprendre en France ? As-tu des astuces pour les jeunes entrepreneurs ?
Non, l’entreprise en France n’est pas vraiment facile. Si vous voulez faire autre chose qu’une boucherie ou un salon de coiffure, il n’y a pas vraiment de structure institutionnelle pour vous aider. Cela dit, Si vous savez ce que vous voulez, que votre modèle d’affaire tient la route et que vous avez beaucoup d’énergie, il y a de l’argent disponible pour financer votre projet, à travers les réseaux de business angels ou les fonds d’investissement. Quand on a un peu d’argent, on peut investir sur les hommes et les femmes qui font faire décoller la société.
Je recommande de commencer « low cost » en choisissant bien ses associés aux métiers complémentaires, de montrer que le modèle est viable, puis d’ouvrir son capital rapidement, pour se développer plus vite. Il faut aussi chercher rapidement des alliances avec des partenaires aux activités complémentaires.
Pour ceux qui hésitent à se lancer, je les encourage à commencer par travailler dans une startup pendant quelques années avant de lancer la leur. Et la bonne nouvelle, c’est que Regioneo recrute en ce moment, des profils marketing, technique (PHP) et vente (basé à Lyon, télétravail possible). N’hésitez pas à proposer vos services à Regioneo (jobs@regioneo.com).
Merci Marc, et bonne chance pour la suite de ton entreprise !